ANNÉE : 2011
Counseling et Spiritualité, Volume 30 Numéro 1 : Printemps
THÈME : Spiritualité et résilience
■ Article en français
Martínez de Pisón, R. (2011). Enrichie par la guérison Counseling et Spiritualité, 30(1), 13-28
Résumé : La violence sous toutes ses formes continue d’être omniprésente, tant en Occident qu’ailleurs dans le monde. Du point de vue de l’individu, les violences sexuelle, physique, psychologique et culturelle acquièrent des proportions alarmantes. Mais on la trouve aussi dans les domaines social et culturel. La violence, en plus d’engendrer des souffrances psychologiques et physiques, la mort même, pourrait être définie comme l’absence et la mort des relations, parce qu’elle détruit l’humanité de la victime ainsi que l’humanité de celui ou de celle qui l’inflige. C’est pourquoi la guérison des cicatrices infligées par la violence et par d’autres événements malheureux est essentielle pour se réconcilier avec soi-même et, si possible, avec les autres. Elle est aussi une démarche nécessaire dans l’expérience de la résilience. Toutefois, la guérison n’est pas toujours facile. Elle exige tout d’abord d’entrer dans un processus de « faire mémoire », de faire la vérité sur les événements malheureux qui ont affecté la personne blessée. En deuxième lieu, il est important pour la victime d’être capable de se pardonner à elle-même pour pouvoir pardonner à autrui. En troisième lieu, pour guérir, la victime doit sortir de la victimisation d’elle-même. Finalement, en quatrième lieu, il faut tenir compte des implications pastorales qui en découlent. Dans cet article, l’auteur présente un « modèle heuristique » qui pourrait s’appliquer à toute démarche de guérison.
■ Article en français
Anaut, M. (2011). Du traumatisme à l’émancipation : vers un cadre clinique d’accompagnement des processus de resilience. Counseling et Spiritualité, 30(1), 29-44
Résumé : Les situations à risque et les traumatismes de la vie peuvent provoquer une désorganisation psychique et sociale chez les individus. Cependant, certaines personnes résistent aux situations traumatiques et se construisent malgré les blessures en mettant en place un processus de résilience. Alors que d’autres ne parviennent pas à trouver le cheminement de la résilience. Comment comprendre ce processus, ses assises théoriques et ses applications cliniques ? À partir d’une réflexion sur le fonctionnement du processus de résilience et l’analyse de ses principales bases théoriques, nous proposons un cadre d’intervention clinique pour accompagner la résilience chez les personnes vulnérables et les familles en souffrance.
■ Article en français
Bellehumeur, C. R. (2011). Rapprochements entre la résilience, la spiritualité et l’imaginaire durandien. Counseling et Spiritualité, 30(1), 45-70
Résumé : Le présent article porte sur l’apport de l’imaginaire dans la compréhension des rapports entre la résilience et la spiritualité. Pour dépasser une perspective trop « psychologisante » des processus communs de la résilience et de la spiritualité, nous élargissons notre réflexion en tenant davantage compte des influences socioculturelles. Pour ce faire, nous faisons appel à la théorie des structures anthropologiques de l’imaginaire de Gilbert Durand (1960). Cette théorie permet de nuancer et d’approfondir les rapprochements possibles entre la résilience et la spiritualité. Pour illustrer nos propos, deux brefs exemples de cas mettant en relief des situations de résilience - d’une adolescente endeuillée et d’un homme mourant d’âge avancé – seront soumis aux regards croisés des relations entre la résilience, la spiritualité et l’imaginaire durandien.
■ Article en anglais
Ogden, H., Harris, J. I., Erbes, C. R., Engdahl, B. E., Olson, R. H. A., Winskowski, A. M., & McMahill, J. (2011). La démarche religieuse et les conséquences des traumatismes chez les anciens combattants. Counseling et Spiritualité, 30(1), 71-90
Résumé : Une recherche récente faite surtout auprès de survivants civils de traumatisme a montré qu’il existe des liens entre les modes de fonctionnement religieux les conséquences positives et négatives d’un traumatisme. Plus précisément, ceux qui recourent à leur foi comme source de réconfort, qui utilisent activement la prière comme une ressource aidante, qui participent aussi à des relations de soutien de la part de leurs pairs et des dirigeants de leur communauté croyante, manifestent à l’évidence de hauts degrés de croissance post-traumatique. Par contre, ceux dont l’expérience consiste en des degrés élevés de crainte et de culpabilité religieuses, en une relation perturbée avec Dieu, et en relations conflictuelles avec leurs pairs et les dirigeants de leur communauté croyante, manifestent de plus nombreux symptômes de troubles de stress post-traumatique. La présente étude tente de vérifier ces conclusions auprès d’anciens combattants ayant subi des traumatismes au combat. Dans un échantillon de vétérans récemment revenus de combat (N = 110), on a noté qu’une plus grande quantité de symptômes existait chez ceux et celles qui vivent une forte détresse religieuse, alors qu’une croissance post-traumatique était en rapport avec un réconfort religieux élevé et l’utilisation de stratégies religieuses aidantes.
■ Article en anglais
Estupinian, G. & Waelde, L. C. (2011). ). L’impact de la spiritualité sur les troubles de stress post-traumatique et la dépression chez le personnel militaire. Counseling et Spiritualité, 30(1), 91-106
Résumé : De nombreuses études ont montré qu’il existe une relation directe entre les traumatismes et la dépression; toutefois, les gens frappés par un stress traumatique ne réagissent pas tous de la même façon. Les variables permettant de prédire les conséquences positives ou négatives d’un stress traumatique demeurent encore floues. La présent article étudie l’impact de la spiritualité sur les degrés connus de dépression et de troubles de stress post-traumatique (TSPT) chez le personnel militaire. Les résultats montrent que la spiritualité n’a pas influencé à la baisse le lien entre l’exposition au combat et la dépression ou les TSPT. Toutefois, la spiritualité et l’exposition au combat, chacun indépendamment, ont été reliés respectivement aux TSPT et à la dépression. Ces conclusions laissent entendre que la spiritualité peut être une ressource parmi d’autres qui entrent en jeu dans la maîtrise du stress traumatique.
■ Article en anglais
Thuné-Boyle, C. V., Stygall, J., Keshtgar, M. R. S., Davidson, T. I., & Newman, S. P. (2011). L’influence des ressources religieuses/spirituelles sur le fait de chercher des bénéfices positifs à la suite d’un diagnostic de cancer du sein. Counseling et Spiritualité, 30(1), 107-134
Résumé : Très peu de recherches ont analysé le rôle de ressources religieuses/spirituelles aidant à construire du sens au cours d’un épisode de cancer. Cet article fait état des premiers constats probables d’une étude longitudinale ayant porté sur les conséquences des ressources religieuses/spirituelles aidant à trouver quelque bienfait en période de cancer du sein. Deux cent deux patientes chez qui on avait récemment diagnostiqué un cancer du sein ont été évaluées après leur chirurgie. Plusieurs aspects de religiosité/spiritualité (par exemple, la force de la foi, l’accompagnement spirituel) ont été explorés pour voir si on avait trouvé quelque bienfait à la situation, après une période de trois mois. À cette distance de trois mois, la force de la foi lors de la chirurgie s’est avérée un indice indépendant comme découverte de bienfait. Le support religieux afin de transformer sa vie a aussi été un prédicteur de découverte de bienfait; il faut toutefois mettre ceci en lien avec le rôle de médiation qu’a joué en partie la force de la foi. La recherche de soutien affectif pour bien faire face à la chirurgie s’est également montrée un indice élevé de découverte de bienfaits trois mois plus tard. Cette étude met en relief l’importance de prendre en compte les ressources religieuses/spirituelles en interaction avec d’autres variables pour saisir entièrement leur lien avec le fait de construire du sens au cours d’un épisode de cancer.
■ Article en anglais
Lyons, G. C. B., Deane, F. P., & Kelly, P. J. (2011). Traitement pour abus de substances toxiques fondé sur la foi : est-il seulement question de Dieu? Une exploration des attitudes des prestataires de traitement à l’égard de la spiritualité, du pardon et des composantes séculières du traitement. Counseling et Spiritualité, 30(1), 135-159
Résumé : Bien que les prestataires de traitement pour abus de substances toxiques fondé sur la foi considèrent importantes les composantes de la spiritualité et du pardon dans les programmes de traitement pour abus de substances toxiques, les chercheurs n’ont pas comparé l’importance relative des ces composantes avec d’autres composantes de ce traitement. La présente étude a évalué l’importance telle que perçue des composantes d’un traitement fondé sur la spiritualité et le pardon en comparaison d’autres composantes psychoéducatives séculières des programmes de traitement fondé sur la foi. Un brève enquête a été menée auprès de 99 prestataires de traitement pour consommation de drogues et d’alcool à l'intérieur de programmes australiens de réhabilitation en résidence. L’enquête a évalué l’importance relative que les prestataires de traitement accordent aux composantes spirituelles et laïques du traitement. Leurs attitudes vis-à-vis des composantes spirituelles du traitement, comme l’éducation chrétienne et le développement spirituel, ont été positives; toutefois, les prestataires de traitement ont évalué les interventions séculières, telles la prévention des rechutes et la maîtrise de la colère, comme étant plus importantes que les composantes spirituelles. Les prestataires de traitement concevaient aussi que le pardon en tant que construit spirituel était aussi fondamental en importance pour un traitement que les autres composantes à caractère séculier. Les conséquences pour les prestataires de traitement sont discutées.
Counseling et Spiritualité, Volume 30 Numéro 2 : Automne
THÈME : Spiritualité et élaboration du sens
■ Article en anglais
Brown, T., Yaxin, L., Marks, L., & Dollahite, D. C. (2011). La réflexion sur le sens de la vie selon trois dimensions de l’expérience religieuse: une recherche exploratoire qualitative Counseling et Spiritualité, 30(2), 11-36
Résumé : L’étude présentée ici s’est centrée sur les liens complexes entre la réflexion sur le sens de la vie, la spiritualité et les expériences religieuses. Des entrevues qualitatives en profondeur ont été faites après d’un échantillon de 184 familles très religieuses et d’origines ethniques diverses (N=445 participants individuels). Les conclusions sont présentées dans le cadre du modèle conceptuel à trois dimensions de Dollahite et Marks (2009). Trois thèmes sont présentés de la façon suivante : (1) La réflexion sur le sens de la vie et les croyances spirituelles : « La foi est la seule chose qui satisfasse cette soif »; (2) La réflexion sur le sens de la vie et les pratiques religieuses : « Nous ajustons notre vie à notre religion, pas la religion à notre vie »; (3) La réflexion sur le sens de la vie et la communauté de foi: « Notre famille Église est simplement comme la famille. » Chacun de ces thèmes est appuyé par plusieurs exemples extraits du matériel recueilli, pour rapporter fidèlement les formulations et les processus de réflexion sur le sens de la vie des personnes participantes. Les données présentées et les thèmes retenus peuvent servir de cadre à une démarche thérapeutique plus fouillée au niveau culturel et, quand cela convient ou que c’est demandé, plus accommodante au niveau religieux en vue d’aider les clients à trouver du sens à partir de leur vie quotidienne.
■ Article en anglais
Balthip, Q., Boddy, J., Kong-In, W., & Nilmanat, K. (2011). ). Des relations aidantes : créer du sens et une raison de vivre pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA Counseling et Spiritualité, 30(2), 37-56
Résumé : Une étude empirique fondée sur la théorie straussienne a permis d’examiner le rôle crucial joué par les relations qui permettent aux personnes vivant avec le VIH/SIDA de surmonter leur détresse. Trente-trois adultes du sud de la Thaïlande ayant vécu avec le VIH/SIDA depuis cinq ans ou plus ont participé à la recherche. Le VIH/SIDA «a bouleversé leur vie». Toutefois, les relations, décrites par les participants comme un état de connectivité, de témoignage d’amour et de soutien (kamlangjai) de la part des membres de leurs familles, des professionnels de la santé, d’autres personnes vivant avec le VIH/SIDA et de forces surnaturelles, leur ont fait trouver des raisons de vivre. Ces relations ont accru chez les participants la force d’accepter le VIH/SIDA dans leur vie, les rendant capables de trouver du sens à leur vie et la volonté de vivre.
■ Article en français
Deschênes, G. (2011). The spiritual anthropology of leisure: The homo faber–religiosus-ludens Counseling et Spiritualité, 30(2), 57-86
Résumé : Les activités de production mobilisent principalement le temps dont on dispose dans la civilisation actuelle. Dominé par cette perspective, le loisir, normalement recréateur de l’existence humaine, peut même devenir une simple fuite lorsqu’il se détourne de sa finalité. Chaque type d’occupation humaine, celui de la productivité (ou homo faber) et celui du loisir (ou homo ludens), sera décrit, puis montré comme des conditions d’existence, opposées mais nécessaires. Des explications venant surtout du monde du loisir seront puisées en diverses sciences humaines (y compris la théologie) pour résoudre harmonieusement ce dilemme. Le loisir, comme régulateur de sens, apparaîtra alors comme un moteur de développement pour la personne et une source de gratuité ouverte sur l’infini. Ce lâcher-prise libérateur qu’est le loisir et qui engendre de grands bienfaits chez les individus sera donc proposé aux intervenants de la santé afin qu’ils puisent davantage aux effets guérisseurs du loisir, notamment auprès des personnes souffrant d’incapacités diverses.
■ Article en anglais
Landes, S. D., & Ardelt, M. (2011). La relation entre la spiritualité et la crainte de la mort chez les gens âgés Counseling et Spiritualité, 30(2), 87-112
Résumé : La présente étude décrit la relation entre la spiritualité et la crainte de la mort. Elle porte sur 54 adultes, âgés de 58 à 98 ans (M = 76), résidant dans un foyer, un hospice ou des logements communautaires du Centre-Nord de la Floride. Les participants ont été répartis en quatre groupes selon leur pointage (de haut à bas) sur des échelles de spiritualité et de crainte de la mort. Les analyses en profondeur des entrevues qualitatives semi-directives avec les personnes de chaque groupe ont montré que le fait d’exprimer sa crainte de la mort est plus fréquent chez les gens éprouvant un malaise quant à la spiritualité que chez les gens qui expriment ou bien leur satisfaction ou bien leur indifférence à l’égard de la spiritualité, indépendamment de leur degré de spiritualité. Les résultats indiquent que le malaise face à la spiritualité constitue un plus grand handicap pour une mort paisible que l'indifférence spirituelle.
■ Article en anglais
Lichtenthal, W. G., Burke, L. A., & Neimeyer, R. A. (2011). Composer avec le religieux et réfléchir au sens de la vie à la suite de la perte d’un être cher Counseling et Spiritualité, 30(2), 113-136
Résumé : L’étude a examiné la relation pouvant exister, auprès d’un échantillon d’adultes chrétiens (N = 60) qui ont perdu un être cher au cours des derniers cinq ans, entre la réflexion sur le sens de la vie et l’utilisation de stratégies variées pour composer avec la dimension religieuse. En contrôlant les facteurs de risque associés, on pouvait prévoir l’existence de défis concernant la réflexion sur le sens de la vie chez les gens qui ne composent pas avec le religieux, tandis que ce n’était pas le cas chez des gens qui ont maintenu un lien avec le religieux. Le manque de lien avec le religieux ainsi que les défis concernant la réflexion sur le sens de la vie étaient en lien avec les symptômes de désordre prolongés dus au deuil. Toutefois une analyse exploratoire post hoc de médiation a montré que les défis en ce qui a trait à la réflexion sur le sens de la vie s’expliquent par l’existence d’un lien entre le fait de ne pas composer avec le religieux et le prolongement du deuil. Les résultats démontrent que les affirmations faites par les gens vivant une crise de la foi ressemblent davantage à un combat quand ces personnes réfléchissent sur le sens de la vie. De plus, les défis concernant les crises spirituelles aussi bien que la réflexion sur le sens de la vie contribuent ensemble à prolonger les réactions au deuil. Les personnes qui ont vécu une perte importante et qui sont en rupture avec leur religion pourraient tirer avantage d’un soutien supplémentaire de la part de leur communauté religieuse ainsi que d’interventions centrées sur la quête de sens qui tiennent compte de leurs préoccupations spirituelles dans le but de les aider à surmonter les problèmes quant à leur deuil.
■ Article en anglais
Boynton, H. M. & Vis, J. (2011). La réflexion sur le sens de la vie, la spiritualité et les thérapies d’expression de la créativité : des voies de croissance posttraumatique dans le deuil et la perte chez les enfants Counseling et Spiritualité, 30(2), 137-160
Résumé : Les enfants qui vivent un traumatisme irrésolu à la suite d’une perte ou d’un deuil peuvent être confrontés à des difficultés dans leur développement, leurs relations et l’ensemble de leur santé mentale. Même si la documentation scientifique discute de l’impact de traumatismes sur le bien-être général de l’enfant, on y fait peu mention du rôle et de l’importance de la spiritualité et de sa capacité à stimuler la croissance posttraumatique. L’article fait une exploration de la documentation en ce qui concerne l’impact d’un deuil traumatisant chez les enfants, pour mettre plus particulièrement en relief l’importance de la spiritualité et de la réflexion sur le sens de la vie comme faisant partie du cadre d’un counseling holiste. Plus précisément, on montre la capacité des activités de créativité à susciter le dialogue spirituel, ce qui en fait des voies d’élaboration de sens menant à la guérison et à la croissance posttraumatique.
■ Article en français
Fortin, G., Laprée, R. & Malette, J. (2011). Le modèle de la Clarification des valeurs : son application dans la mise au jour des valeurs en counseling Counseling et Spiritualité, 30(2), 161-178
Résumé : Les valeurs occupent une place importante dans le processus de counseling. Cet article se propose d’explorer dans quelle mesure le modèle de la Clarification des valeurs peut être appliqué en contexte de counseling pour mettre au jour les valeurs des clients. Deux troubles de la personnalité, soit les personnalités histrionique et obsessive-compulsive, sont examinées à l’aide des indices de discernement des valeurs mis de l’avant par ce modèle. Les résultats de l’analyse montrent que la personnalité histrionique chercherait à se valoriser par l’image agréable que les autres peuvent percevoir d’elle alors que la personnalité obsessive-compulsive tendrait au plus haut point à valoriser sa propre sécurité au détriment de sa spontanéité et de sa créativité. Cet exercice suggère que le modèle de la Clarification des valeurs peut être mis à profit pour opérer une lecture des valeurs à partir des problématiques soumises par les clients en consultation.